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18.03.2008

Contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier - Les désengagements de l'Etat

Nous portons, depuis plusieurs années, les demandes des riverains touchés par le projet de contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier. Avec les habitants, nous nous sommes très largement exprimés lors de l'enquête publique concernant ce projet.

Les commissaires enquêteurs ont donné un avis favorable assorti d’une demande : que soient pris en considération les avis exprimés sur la réduction du bruit, la maîtrise de l'hydraulique et les procédures d'acquisition foncière. Surtout, elle subordonnait cet avis à la levée d’une réserve : donner aux riverains domiciliés dans une bande de 150 mètres de part et d'autre de l'axe du projet la possibilité d'obtenir l'acquisition de leur habitation.

Nous attendions les modalités de mise en œuvre des conclusions de la commission d'enquête. Aussi, c’est avec beaucoup d’attention que nous avons analysé le dossier des engagements de l'État que ses services nous ont fait parvenir.

Force est de constater que les mesures qu'il contient sont très en dessous, tant des demandes consignées par les habitants dans les registres lors de l'enquête publique que des avis exprimés par la commission d'enquête.

L'État ne prend pas en compte la réserve qui pourtant conditionnait l'avis favorable des commissaires. Ceci au motif que cette disposition, dont ont pourtant bénéficié les riverains du TGV Méditerranée, ne serait plus d'actualité, la législation s'étant précisée depuis. Notre association trouve cet argument inacceptable, compte tenu des niveaux insupportables admis par les textes. De plus, le dossier des engagements de l'État n’apporte aucune réponse aux remarques faites et aux avis exprimés concernant la réduction des nuisances phoniques. Par exemple, malgré les demandes formulées, on reste sur les soixante kilomètres de protection antibruit initialement prévus. C’est ainsi que figurent toujours sur les cartes des discontinuités injustifiables de ces protections. Les riverains auront donc à subir en plus du bruit produit par les infrastructures actuelles, celui de la LGV et, peut-être, pour une partie importante d'entre eux, celui de la future autoroute A9. Le cumul de toutes ces nuisances ne sera pas accepté par les riverains. Nos associations et les populations ont souligné unanimement ce point comme leur préoccupation première dans les dossiers d'enquête publique. Nous ne pouvons que constater qu’il n'en est tenu aucun compte.

La façon dont est abordé le problème de l'impact hydraulique n’est pas acceptable non plus. La règle est la transparence hydraulique à la précision du modèle hydraulique. Or dans le dossier, il est carrément écrit que le maître d'ouvrage s'autorisera un exhaussement de la ligne d’eau « adapté au contexte : Il sera par exemple de 5 cm en zone rurale avec habitat dispersé ». Laxisme bien étonnant face à un phénomène aussi dangereux !

Concernant l'impact sur les territoires traversés, le dossier des engagements de l'État parle de cinq secteurs sensibles. C'est ignorer que la densité de population est forte sur l’ensemble du territoire que traverse le contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier. Toutes ces zones périurbaines sont sensibles et, au demeurant, durement touchées : La Jasse de Maurin, La Castelle, Maurin, la Céreirède, Boirargues, Vauguières, Mauguio, collines de Lunel, et d'autres. Là encore le CODETEL ne saurait accepter une telle dégradation des territoires et qu'il ne soit pas recherché comment supprimer, réduire et compenser les effets négatifs du projet.

Depuis des années, le CODETEL formule un certain nombre d'exigences concernant les nuisances sonores, les impacts hydrauliques de ces projets, les impacts sur l'habitat et les exploitations, les dégradations du paysage et la déstructuration des territoires traversés. Nous avons aussi beaucoup d’inquiétude concernant la phase des travaux. Nous continuerons, comme par le passé, à nous battre pour obtenir les améliorations revendiquées.